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Assumer son célibat

« Rentrer le soir et ne pas pouvoir parler de ma journée avec quelqu’un… C’est dur !», explique R.. « J’ai besoin d’amis. Il faut que je donne, que je construise. Je ne peux pas vivre sans relationnel. »

L’origine du célibat
Quand nous lisons Gen 1 et 2, nous voyons que solitude ne faisait pas partie du plan de Dieu.  » Il n’est pas bon que l’homme soit seul  » est le cri du cœur que se repassent bon nombre de célibataires. Le célibat est l’une des nombreuses conséquences de la chute de l’homme. Le célibat est parfois une dure réalité que l’on rencontre après un divorce, une séparation, un décès, ou parce qu’aucune « opportunité sérieuse » ne s’est présentée. Entraînant bien des souffrances :

  • Le sentiment de solitude
  • Le sentiment de ne pas compter dans la vie d’un autre
  • Le sentiment de ne rien laisser et de ne rien transmettre à d’autres
  • Le sentiment de ne pas jouir de la vie
  • Le sentiment de ne pas être aimé
  • Le fait de perdre l’étreinte tant désirée
  • Le fait de ne pas avoir droit à une expression sexuelle et un plaisir sexuel légitime.
  • Le fait de désirer sans obtenir l’objet de ce désir…

Le célibat offre une difficulté cumulative. Etre célibataire à 20 ou 30 ans, c’est autre chose que de l’être à 40, 50 ou 60 ans.
Comment la Bible entrevoit-elle le célibat ? Lisons 1 Cor. 7.7-9. Paul fait plusieurs remarques dans le chapitre 7 sur les questions de la sexualité…

Je voudrais bien que tout le monde soit comme moi, mais chacun reçoit de Dieu son don particulier, l’un le mariage, l’autre le célibat.
J’aimerais cependant dire aux veufs et aux veuves que c’est une bonne chose de continuer à vivre seul, comme moi.
Toutefois, s’ils ne peuvent pas se maîtriser en ce domaine, qu’ils se marient, car mieux vaut se marier que de se consumer en désirs insatisfaits.

Contexte
Dans la section qui précède notre texte, Paul règle plusieurs problèmes de l’église de Corinthe. Mais à partir du verset 1, Paul répond à des questions précises des Corinthiens (voir 7.1, 8.1, 12.1, 16.1), notamment sur la question de la sexualité.

  • Corinthe était une ville incroyablement corrompue
  • La notion d’hommes et de femmes était quelque peu bestiale : on organisait dans la ville des combats entre des femmes nues et des cochons sauvages !
  • Pour les gens qui se convertissaient, il y avait plusieurs problèmes
  • La sexualité qui avait été si souple était-elle mauvaise au sein d’un couple chrétien ?
    • Et si l’un des membres du couple n’était pas au Seigneur, l’acte sexuel était-il mauvais ?
    • Et lorsqu’on n’est pas mariés, peut-on avoir des relations sexuelles ? Peut-on se masturber ?
    • Et les enfants ? Quand les donne-t-on en mariage chez les chrétiens ?

1 Cor. 7.7-9
Je voudrais que tous les hommes soient comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler.

I. Le célibat comme capacité (1 Cor. 7.7)

Je voudrais que tous les hommes soient comme moi

1. Personne ne peut souhaiter le célibat…
2. Je suis incapable d’assumer le célibat…
Paul est très clair. Son vœu personnel c’est que tous les hommes soient comme lui, c’est-à-dire célibataires !

  • Certains ont conjecturé qu’il était divorcé parce que sa femme n’aurait pas supporté sa conversion. Possible, mais non documenté!
  • D’autres aiment à croire qu’il l’était par choix de consécration au ministère. Un peu comme les prêtres catholiques aujourd’hui. C’est possible, mais pas du tout une conception judaïque du service de Dieu, où le mariage et la sexualité sont honorés comme dons de Dieu.
  • Vraisemblablement veuf, car pour voter au Sanhédrin, il fallait être marié. Or Paul avait voté (?) en faveur de la persécution des chrétiens, avant sa conversion (Ac 26.10 & 9.1-2 ; 22.5).

Certaines personnes pensent, le célibat engendrant une si grande souffrance, que personne, ni même Dieu, ne pourrait le souhaiter…

  • Premièrement, associer automatiquement la souffrance au célibat, c’est déjà avoir orienté son regard dans cette direction. La vie est constituée en partie par ce qui nous arrive, et beaucoup par la manière de le gérer. Certes, la souffrance est à gérer, mais sans doute pas comme devant forcément être résolue par la chaleur et le plaisir sexuel d’une relation conjugale.
  • Deuxièmement, le mariage est également source de souffrance. Lisez le verset 28. Paul parle des  » afflictions dans la chair  » qui proviennent du frottement de deux personnalités, de deux égoïsmes, de deux pécheurs ! Un proverbe chinois dit :  » Il est plus difficile de conduire une famille que de régner sur une nation. « 
  • Si le célibat est source de tensions, le mariage également ! Les couples qui connaissent une communion profonde sans souffrance sont exceptionnels. Pour certains, le couple est un sujet constant de tiraillements. Et qui peut comparer entre différentes formes de souffrance ? Personne. C’est toujours très relatif.
  • Troisièmement, le célibat n’est pas un état de seconde classe, par rapport au mariage. C’est ce que Paul souligne quelques mots plus tard. Le célibat est un don, une capacité spéciale, que Dieu donne. Et le célibat peut se révéler extrêmement utile.

Car en fait, le but du jeu, c’est de trouver de plus en plus de contentement en Jésus, et de moins en moins dans les circonstances. Ce qui est tellement facile de dire, et si difficile de mettre en pratique. Regardez l’accent de ces versets :

Col. 3.1ss  » Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Pensez à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu.  »

Ou bien encore Rom 5.1ss :  » Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ; c’est à lui que nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu. Bien plus, nous nous glorifions même dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée l’espérance. Or, l’espérance ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. « 

La vie avec Christ, marié ou pas, nous invite à tirer de Jésus la vie qui nous est nécessaire. Marié ou pas. Regarder en haut est une nécessité pour le célibataire amer comme pour le marié amer. Rechercher la face du Seigneur, se rappeler la vérité objective de son amour, imposer l’obéissance à ses pensées et à son cœur…
Nous dépendons pleinement de Jésus… et c’est d’ailleurs ce que remarque la suite de notre verset.

 » …mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre.  » 1 Co 7. 7

Le célibat est un don de Dieu. Être marié ou être célibataire est le fruit d’une grâce (cadeau, volonté, don, force) particulière de Dieu. Chacun de ces états peut honorer Dieu de la même manière, lui porter également gloire.

Matt. 19.12  » Car il y a des eunuques qui le sont dès le sein de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par (la main) des hommes, et il y en a qui se sont rendus eunuques, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. « 

Et pour le royaume des cieux, ça peut être utile, comme nous le verrons dans les versets 29 à 35. Mais cet état ne saurait être imposé. La Bible met en garde ceux qui verraient dans le célibat une dignité ou pureté supérieure :

 » Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons… Ils prescrivent de ne pas se marier…  » (1 Tim. 4.1, 3)

Ainsi, le célibat est un don.

  • Le problème quand on le dit ainsi, c’est que c’est presque comme si ça venait tout cuit… Dieu donne temporairement le don du célibat, et le célibataire se trouverait sans aucun souci, ni aucun désir !
  • Mais un don, ça se cultive aussi. Ce n’est pas nécessairement facile. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas ajustements, frictions et frustrations.
  • Il faut apprendre à utiliser un tel don comme il faut apprendre à utiliser le don du mariage, ou tout autre don.

Effectivement. C’est le cri de toute personne frustrée de sa situation. La mère de famille qui n’en peut plus de corriger ses enfants sans voir de grands résultats. La femme qui ne se sent pas comprise par son mari, ou vice-versa. Lorsqu’une difficulté surgit, on a tendance à penser qu’on ne pourra jamais faire face. Cependant, Dieu nous propose de changer le filtre avec lequel nous interprétons la vie et les épreuves :

  • Dieu affirme que le contexte de notre vie est dans sa main (Rom. 8.28)
  • Dieu affirme qu’aucune épreuve ne sera trop forte (1 Cor. 10.13)
  • Dieu affirme qu’il veille sur nous, et qu’il prend soin de nous (1 Pie 5.7)
  • Dieu affirme qu’il peut transformer la difficulté en apprentissage (Jac 1.2)
  • Dieu affirme qu’il donne le vouloir et le faire (Phil. 2.13)

Toutes ces vérités n’empêchent pas les sentiments de solitude, ni la souffrance. Mais ils proposent un chemin décalé. Un itinéraire bis. Plutôt que de se concentrer sur cette souffrance, je dois découvrir comment regarder différemment. Je dois apprendre à gérer certaines frustrations pour éviter qu’elles ne m’enveloppent.


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